Angers – Fulda: 2-3.
Le suspense concernant une hypothétique qualification en 1/2 finale de la coupe ETTU n’aura cette fois pas été bien long, au grand dam des quelques 2000 spectateurs présents à Jean BOUIN vendredi soir. Trois petits sets auront en effet suffi au très impressionnant et très talentueux Wang Xi pour dominer d’entrée de jeu Thomas KEINATH, et sonner ainsi le glas des derniers espoirs angevins.
Les allemands pouvaient dès lors, et très sobrement d’ailleurs, s’envoyer de grandes tapes sur l’épaule (ach, gütt,…) et arborer ein kolossal zourire de soulagement, eux qui avaient encore en travers de la gorge la grossen katastrophen de 2008, cette magnifique soirée où la vaillante de Yango les avait engloutis comme un seau de Mutzig à la fête de la bière…La qualif envolée, ce match ne perdait toutefois pas de son intérêt puisque le Dalaï Lama du ping, le Mao de la révolution de la petite balle, sa majesté Jan Owe Waldner en personne avait bien fait le déplacement pour une de ses toutes dernières sorties dans l’hexagone sans doute: tous les amoureux de ce sport pouvaient par conséquent se frotter les mains à l’idée de vivre ce moment rare.
Bien sûr, à 44 ans, le phénomène n’est plus ce qu’il était… Loin d’être un ascète, et sans encore présenter la même silhouette que Pierre MENEZ, le suédois cache néanmoins sous une ceinture lombaire un renflement abdominal plus que naissant, peu propice aux déplacements aériens et aux prises de pivot acrobatiques… Bref, vous l’aurez compris, le physique n’est plus son fort…
Techniquement en revanche, on sent que le garçon a déjà joué au ping-pong dans son garage…
Bien que battu par Panos (le seul homme au monde désormais à pouvoir afficher 100% de victoire sur l’extra-terrestre… puisqu’il le jouait pour la première fois !) au terme d’un superbe match en cinq sets, Waldner aura régalé son monde par la diversité de ses coups, sa science du placement et de la variation de balle, et son toucher exceptionnel. Le grec insistait après la rencontre sur le fait qu’il avait rarement affronté de joueurs ayant cette capacité à ne jamais faire la même chose, à toujours jouer le coup auquel on s’attend le moins…. Pas facile, dans ces conditions, de se régler en défense ! Panos y parvint néanmoins, et profita des carences physiques de son adversaire en fin de match pour s’imposer: chapeau.
Keini aurait pu lui aussi s’offrir la légende, mais ne sut profiter de l’avantage qu’il posséda dans les deux premiers sets. Dans le troisième, ce fut en revanche une punition pour le slovaque. Waldner, moins sollicité physiquement par le jeu de Thomas, se mit en effet en mode démonstration: blocs coupés, flips coup droits, claques revers, tous les coups les plus compliqués du ping y passèrent ! Thomas, un peu écoeuré sur le coup, et frustré de n’avoir pu conclure lors des deux premières manches, pouvait retourner à ses chères études. Le public offrait une standing ovation à Waldner qui quittait l’arène pour une douche bien méritée, le bras levé en guise d’adieu.
Le score était de 2 partout, un très bon Torben ayant préalablement écarté en trois sets le capitaine – joueur de Fulda Meng, remplaçant au pied levé Robert SVENSONN mis au repos. Un Torben particulièrement en jambes et concentré vendredi face à ses compatriotes, très soucieux sans doute de donner de lui-même la meilleure image possible dans une période où se négocient déjà les contrats de la saison prochaine.
Deux des meilleurs défenseurs du monde allaient donc en découdre pour une victoire de prestige, et conclure en apothéose ce match de gala. Panos, le plus offensif des deux joueurs sur l’ensemble de la partie, allait subir ce qu’il fait endurer à ses adversaires de PRO A: se retrouver face à un mec qui ne fait quasiment pas une faute en défense revers, qui peut te faire tourner la balle à 2000 tr/mn ou te pourrir une balle molle avec le même geste, et qui t’envoie un steak tartare dès que tu écartes dans le coup droit ! Compliqué… Sans solution face au mur chinois, Panos s’inclinait très logiquement en trois manches. Les jeunes spectateurs présents, ainsi que les moins jeunes d’ailleurs, pouvaient alors se ruer vers le banc allemand pour une séance de dédicace avec la légende vivante et rentrer à la maison, l’oeil luisant et le sourire béat, en exhibant qui un maillot, qui un bois, qui une affiche ou un revêtement enrichi du paraphe du maître.
Bref, ce fut encore une sacrée belle soirée de ping.
La feuille de match:
Thomas KEINATH perd WANG Xi : 0-3 ( 6-11 / 8-11 / 9-11 )
Panagionis GIONIS bat Jan Ove WALDNER : 3-2 ( 8-11 / 11-8 / 13-11 / 9-11 / 11-8 )
Torben WOSIK bat MENG Qing Yu : 3-0 ( 11-5 / 12-10 / 11-7 )
Thomas KEINATH perd Jan Ove WALDNER : 0-3 ( 13-15 / 9-11 / 4-11 )
Panagiotis GIONIS perd WANG Xi : 0-3 ( 4-11 / 8-11 / 5-11 )











La fin d’une belle campagne européenne forte de 8 matchs avec hélas un Keini encore une fois à côté de ses pompes, panos qui n’avait plus rien dans les chaussettes après 5 matchs en 15 jours et un bon torben (après le bon match contre Saint Denis) insuffisant face à Fulda et à son fantastique chinois qui est en plus très sympa, bonne chance à eux pour la suite.
Pour Angers repos puis retour au championnat avec un match très dur à Levallois avec l’objectif final de garder cette troisième place synonyme de ligue des champions pour la saison prochaine
à noter que dimanche dernier fulda jouait à dusseldorf pour le titre à venir, que fulda a perdu ce match 3/2 avec 2 points de wang xi dont un 3/0 sur Boll d’habitude si fort sur défense, cela donne une idée du niveau de ce chinois…