
Thiago le guerrier
L’équipe Vaillantaise, bien que finalement vaincue, peut vraiment être fière du match qu’elle a livré vendredi soir.
J’imagine bien sûr que Panos, Keini et Thiago n’ont pas sauté gaiement au plafond du vestiaire après la rencontre, que David et Eric ne se sont pas mis à danser la gigue layonnaise sur les tables du buffet d’après-match, et que Gérard n’a pas sorti les cotillons qu’il avait achetés l’après-midi même pour son réveillon de Noël…
Mais bon, ces six-là ont du très vite se consoler au contact des supporters qui sont venus leur témoigner leur soutien et leurs encouragements. Chacun des 1500 spectateurs présents est en effet ressorti avec la mine radieuse et ravie de celui qui a eu la chance d’assister à un moment rare de tennis de table, à une superbe soirée de Coupe d’Europe, bref à un très beau et grand spectacle: n’est-ce finalement pas là l’essentiel ?
Les supporters vaillantais, conscients du rôle qu’ils avaient à jouer pour aider leur équipe, s’étaient tout spécialement équipés de ce que je qualifierai d’ »applaudisseurs » (ça prend moins de place à écrire que paire-de-saucisses-gonflables-en-plastique-que-l’on-tape-l’une-contre-l’autre-pour-faire-plus-de-bruit-qu’avec-les mains …), et l’ambiance ressemblait à s’y méprendre à celle des grandes heures de l’ETTU Cup. Le « Cop » Vaillantais s’était regroupé en tribune centrale et imprimait le rythme. Le match pouvait commencer.
David avait finalement laissé Torben sur le banc et, en fin stratège, une nouvelle fois deviné la compo adverse. Comme il le souhaitait, Keini prendrait Chuang Chih Yuan avec l’espoir que le slovaque dominerait dans la diagonale revers-revers, Panos entamerait sur Apolonia pour mettre l’équipe sur les rails, et Thiago s’occuperait de faire danser la samba à Crisan. Et tout a failli marcher comme sur des roulettes…
Panos entamait les hostilités face au jeune portugais, à qui il n’allait laisser aucune chance. Intouchable, le grec allait survoler les deux premiers sets, sans faire une faute, avec un jeu parfaitement équilibré entre l’attaque et la défense. Apolonia topspinait sur son revers ? Panos lui distillait d’impensables chops qui atterrissaient inexorablement à cinq centimètres de la ligne de fond… Apolonia ouvrait sur le coup droit du grec ? Il se mangeait une remise d’effet inexploitable ou un grand pain dans le bide… Injouable ! Comme toujours, quelques points inimaginables pour le commun des pongistes: bref, du grand Panos !…

Keini tout près de la victoire face à CHUANG
… et du grand Keini dans la foulée, face à l’épouvantail CHUANG Chih Yuan ! Agressif en retour avec une réussite insolente en flip revers, Thomas enfermait le chinois dans la diagonale revers, et dominait la partie. Il oubliait malheureusement de conclure le premier set après avoir pourtant mené 10-7, sans avoir toutefois grand chose à se reprocher, mais égalisait à une manche partout en continuant à parfaitement neutraliser son adversaire. Après, ce fut une autre histoire…. CHUANG, plus mobile, profitait de son jeu de jambes absolument phénoménal pour prendre des pivots impensables et asséner des coups droits à assommer un boeuf. Keini, pourtant pas manchot en bloc, finissait invariablement par exploser devant la puissance de son adversaire. Il s’inclinait en quatre sets, non sans quelques regrets: que serait-il en effet advenu si Keini avait converti l’une de ses trois balles de premier set, et avait mené deux manches à rien ?…
Des regrets, que Thiago n’en ait pas ! Il a été monstrueux face à Crisan ! Oh, bien sûr, il n’est pas rentré tout à fait assez vite dans la partie, permettant au Roumain de faire admirer son magnifique revers (rappelant l’école hongroise des Gergely et autres Klampar), sans trop de contrariété. Bien sûr, il n’a pas pu conclure le 3ème après avoir mené 10-5, sans pour autant avoir fait la moindre faute tactique ni technique. Mais pour le reste, quel niveau de jeu ! Quelle attitude à la table ! Quel guerrier ce Thiago ! Et quel point il nous a fait pour sauver une première balle de match à 10-11 au 5ème ! Un point à côté duquel, en exagérant quand même un tantinet, un rallye de Panos pourrait passer pour du mou de veau ! Tirer un point comme ça à ce moment du match, ça classe un bonhomme et force le respect… Et ce n’est pas Crisan, livide et hébété sur le coup qui me contredira. Que le roumain, après cet épisode, ait trouvé les ressources pour distiller deux nouveaux bijoux de revers pour conclure la partie prouve qu’il est lui aussi un immense champion. Qu’il ait ponctué sa victoire d’un cri aussi bestial démontre à quel point il avait été près de passer à la trappe….

Un coaching presque gagnant
Menée 2-1, la vaillante reportait ses espoirs sur Panos, opposé à Chuang. Les deux joueurs allaient nous offrir un duel homérique, où la qualité technique atteignait des sommets. Eminemment spectaculaire, comme toute prestation de Panos, la rencontre n’allait être qu’une succession de points gagnants, entrecoupée d’échanges à couper le souffle. La fin du quatrième set, à ce titre, mérite de figurer dans le hall of fame du sport, au même niveau qu’un tie-break Borg – Mac-Enroe à Wimbledon ou qu’un 5 partout entre Lyon et Marseille ! Après la perte du premier, Panos égalisait à 1 set partout grâce notamment à un bon temps-mort de David à 7-8. Le grec laissait le 3ème à son adversaire, non sans avoir laissé passé une opportunité à 7-8 en ratant un top-spin facile pour lui, et revenait à hauteur en empochant cet extraordinaire 4ème set, avec un poil de réussite. La belle était serrée jusqu’à 6-6, moment que choisit un photographe pour pénétrer dans le fond de la salle en claquant une porte alors que le grec était en train de servir: résultat, un service raté, un instant de déconcentration, et le match qui s’envole ! Comme contre Keini, Chuang avait fait la différence en remportant un premier set pourtant légèrement dominé par le grec, grâce à une gestion optimale des points importants.

Un futur vainqueur de l'ETTU CUP ?...
Voilà, l’aventure en ECL s’achève. L’équipe n’a jamais été aussi proche d’une qualication en quarts que cette année. Elle a prouvé qu’elle en avait les moyens, et sans doute aurait-elle passé l’obstacle dans une poule un peu moins relevée. Il reste un match face à San Sebastian vendredi pour définitivement assurer la troisière place du groupe, synonyme de participation en ETTU Cup. Eh, Gérard, et si on la gagnait encore celle-là ?










Un grand merci à mon ami Mathias Trouplin, éminent entraîneur du club de Neuilly et talentueux photographe amateur, de nous avoir fournis ces excellents clichés de la rencontre.
Encore une fois un compte rendu parfait reflet de ce qui s’est passé avec par contre une précision importante : nous sommes déjà avec 2 victoires surs de faire l’ettu cup (les espagnols n’ont pas gagné de match), quant à la gagner… il y a l’épouvantail Orenburg avec Samsonov, Smirnov et Kuzmin… En tous cas comme les quarts ont lieu par aller-retour, il y aura au moins un super match de plus à Angers en espérant que Jean Bouin sera libre!! fin janvier ou premier week end de février, le match sera connu après les 1/8 de la coupe ettu qui doivent avoir lieu le week-end prochain.
Merci aux Vaillantais pour ce match ultra spectaculaire, et à Christophe pour ce résumé aux petits oignons! Pourra-t-on profiter des vidéos sur le site? j’ai hâte de revoir le point de Thiago contre Crisan en toute fin de match! Bonne chance pour la suite, nous avons les moyens de faire un bon bout de chemin en ETTU!
Merci Damien pour ce message sympa. Nous tâcherons de faire un résumé vidéo de la rencontre et tenterons de faire le buzz avec le point de Thiago… mais pas avant quelques jours je le crains, le montage prenant un certain temps !
Le commentaire de Christophe ? Je n’ai pas de mots assez forts pour le remercier, tellement il est vivant et nous fait comprendre une rencontre…
Les photos ? superbes et valent celles de Yoann. Le seule chose qui me chagrine c’est que la plupart soient prises en bout de table et derrière le joueur, il y a des places …vides. Que les visiteurs du site ne cherchent pas les 1500 spectateurs, je témoigne…, ils étaient bien là. Eliane
Après toutes ces félicitations j’y ajoute les miennes pour les deux intervenants sus-nommés Christophe (on est habitués desormais) et le paparazzi Damien qui a fait un reportage photos de grande qualité .
J’en profite pour revenir sur mon coup de gueule satirique sur la presse locale,il n’etait pas directement axé sur l’article du match d’Issy ,mais sur le traitement en général de notre sport (quelque soit le club) les articles à dose homéopathique
n’ont rien à voir avec le niveau pratiqué qui est les plus haut
en France,on consacre bien des pages entières pour un petit bobo
ou les états d’àme d’un joueur du SCO ou d’un autre club « mediatique » hand basket etc etc
Ce jour est à marquer d’une pierre blanche ,car l’article de
F. Lacroix sur Gionis est admirable de sobriété sans complaisance aucune
je l’en remercie au nom de notre sport qui le mérite bien
Langue de velours
J’attendais bien sûr de voir comment tout ça se terminerait. Exactement comme je l’avais prévu. Commentaires mis en « attente de relecture » ( langue de Ping et réponse du c.o )nous ne les reverrons jamais mais c’est franchement mieux. Par contre la majorité des lecteurs ne comprendront pas grand’chose et pour ne pas brouiller encore les cartes, je n’écrirai rien de plus.
Si!! je me joins aux compliments ci-dessus pour l’article et j’en profite pour dire que j’aimais bien les autres aussi, chacun son goût n’est-ce pas ? Bravo Mr François Lacroix et bravo Mr Laurent Combet, merci au courrier à qui je ne demande même pas un abonnement gratuit!!… Pas toujours facile! mais on s’en sort quand même. Allez tous les sports et …tout le reste d’ailleurs.
J’oubliais : Allez Vaillante !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je ne serai pas avec vous Vendredi soir, impossible ! mais j’y penserai.